Sébastien MEHAL

Sébastien MEHAL est né en 1970 à Fort-de-France en Martinique, d’un père d’origine anglaise et d’une mère antillaise, Sébastien Mehal s’installe à Paris à 18 ans pour étudier l’architecture puis entre à l’ESRA – Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle – dont il sort diplômé en 2000. Après avoir vécu quelques années en Autriche il vit et travaille à Paris. Il fait de fréquents séjours à la Martinique et expose à l’étranger.

Ampoule

« De son enfance en Martinique, il est fortement marqué par l’évolution architecturale de Trénelle, quartier populaire et auto-construit de Fort-de-France qui rappelle les favelas brésiliennes. Chaque soir, de sa fenêtre, il voit ces “cases” s’illuminer la nuit d’une unique ampoule nue. Au fil des ans, il assiste à la métamorphose du quartier où les petites maisons individuelles laissent progressivement place aux complexes de béton.

C’est sûrement ce qui le mène à étudier l’architecture puis (…) à se tourner vers la réalisation audiovisuelle où il se forme notamment à la scénographie.

Depuis près de vingt ans, tout son travail de plasticien est nourri de ces références. Auréolées d’un métissage qu’il arbore fièrement, ses oeuvres parlent de l’urbanisation et de ses conséquences sociales et humaines. Et visible ou non, allumée ou éteinte, la figure de l’ampoule reste récurrente dans son oeuvre, comme une trace de notre humanité dans un monde toujours plus urbain, comme le symbole d’espoir et de vie que la lumière porte en elle..

(…) Les flux continus des rayons lumineux rappellent les flux importants de personnes, de véhicules et d’idées qui circulent à grande vitesse dans les villes à travers le monde. Grâce à la lumière électrique, les cadences de la vie ne sont plus sujettes aux saisons et au lever du jour mais rythmées de manière artificielle. Nous vivons dans une société potentiellement toujours en position « allumée ».

Ainsi, Sébastien Mehal nous propose une expérience presque corporelle de la couleur et de la lumière grâce aux vibrations sensorielles des surfaces.

De la technique (la peinture singulière qu’il emploie est constituée de pigments de l’industrie automobile) jusqu’aux sujets traités (l’architecture, la communication, l’individu solitaire, l’expérience subjective), la vie moderne se situe au cœur de sa création. Sébastien Mehal propose, à travers une esthétique minimaliste, des réflexions sociologiques et psychologiques.

Les oeuvres les plus récentes de Sébastien Mehal se distinguent en outre par des éclaboussures de peintures liquides “injectées” à l’aide de grandes seringues industrielles ou médicales. Les textures lisses cèdent la place à de subtils reliefs, capturant et réfléchissant la lumière et introduisant un effet de profondeur dans un travail de peinture auparavant entièrement plane. La surface picturale est autrement animée. Elle bénéficie d’une nouvelle énergie”.

(Extrait de « La question de la condition humaine en milieu urbain » Catherine J)

Portrait

Nourri de ses origines entre Caraïbes et Etats-Unis, Sébastien MEHAL nous livre sa représentation de l’identité mondiale en utilisant des matériaux technologiques, des pigments métalliques et des sérigraphies. Cette installation invite le public à questionner les notions d’origines, de mémoire, de différence, d’histoire commune et de mixité dans nos sociétés contemporaines où la mobilité et la migration des peuples sont croissantes et redessinent le dialogue des civilisations. «On ne peut pas oublier d’où l’on vient, sans risquer de se perdre, mais le partage d’une mémoire intime et collective à la fois est un lien, un chemin possible, poétique et universel.»

Différents et similaires, androgynes et intemporels, ces douze portraits posent leur regard sur le public, comme un dialogue, un échange sans frontières mettant l’accent sur l’interactivité entre le spectateur et l’oeuvre et en le renvoient à sa propre quête d’identité quelle qu’elle soit. Cette mutation morphologique par infographie (le morphing) nous invite à regarder l’homme dans son universalité et non plus dans son appartenance à une race, un territoire, une religion….

Le passage au 21ème siècle, la mémoire contemporaine, la mondialisation et le rapprochement entre pays nord/sud donnant naissance aux brassages culturels sont autant de thèmes évoqués par ce projet.

(Sébastien Mehal)

 

Ampoule/Acrylique sur toile
150x150cm
2016
HZ// 2014- sculpture pièce unique enterrement en marbre massif // Noir de Belgique.
15 x 9x 9cm
Portrait, 2016, diptyque, acrylique et sérigraphie original sur toile, 360 x160cm