Alex BURKE

ALEX BURKE est né en 1944 à Fort de France (Martinique), il vit et travaille à Cachan.

En 1963 il vient étudier à l’école des Beaux Arts de Nancy . Ses œuvres sont régulièrement présentées dans des expositions personnelles ou collectives internationales sur le thème de l’identité, l’esclavage, la mémoire. En 2010 il a participé à l’exposition «Les Afriques autrement» à la Maison des arts de Bagneux.

A travers ses installations, il dénonce les sociétés normalisées qui rangent, classent, délimitent l’espace social, culturel et géographique des individus. Caraïbéen en quête d’identité, depuis son arrivée sur le continent il ne se reconnaît pas dans les valeurs occidentales. Il sent à la fois la nécessité de faire «le deuil d’un passé lointain fantasmé, et d’exhumer l’indien des origines, le nègre sorti de la cale du navire, l’indien venu de l’Inde, le chinois et les autres qui sont en lui». Pour recoller les morceaux, il doit explorer toutes les strates de cette tragédie humaine afin de se reconstruire, retrouver son intégrité et renvoyer au monde le nouveau visage de l’humanité. Pour y parvenir il s’intéresse à la mémoire des Amériques. Ses œuvres nous invitent à revisiter l’Histoire qui ne prend pas en compte les faits transmis oralement à la mémoire collective.

La découverte de l’Amérique, en 1492, est le point de départ de déplacements massifs de population. C’est la première migration forcée d’hommes, de femmes et d’enfants africains transportés aux Amériques dans des conditions inhumaines pour en faire des esclaves.

Paradoxe, c’est ce flux migratoire qui a forgé notre monde contemporain, «Le tout monde» tel que le définit Edouard Glissant, qui «suscite crainte et angoisse mais recèle aussi en lame de fond, la promesse d’un monde plus équilibré».

L’installation murale de dessins, représente des silhouettes humaines. Surgissant de feuille de journaux, elles témoignent de l’actualité. Aujourd’hui, encore, d’autres hommes quittent leur famille leur village, leurs région, leurs pays, fuient les guerres, les famines, les épidémies, les persécutions mais aussi la misère ou les catastrophes climatiques.

Dans un télescopage du passé et du présent, les œuvres d’Alex Burke nous parlent aussi des effets de la mondialisation, des échanges et des flux migratoires forcés.

«Spitit of Caribean» regroupe un ensemble de poupées confectionnées

à l’aide de fragments de tissus anciens.Alex Burke crée ces poupées, sortes de Katchinas, de facture archaïque, de taille variable et sans genre ni origine décelable. Selon leur disposition et le titre de l’installation, l’artiste donne un sens à leur regroupement, parfois alignées pour «le départ» parfois regroupées en cercle comme pour un «conciliabule».

Pour la Maison des arts Alex Burke a choisi de les disposer face à nous sur des socles tels les esprits de la Caraïbe venus nous questionner sur la mondialisation et ses conséquences économiques.

(Alex Burke, janvier 2017)

The spirit of Caribbean 2, 2017, installation 20 poupées de 42 à 80cm sur socles.
Sans titre, 2017, gouache sur papier journal, 160x200cm

https://alexburkesculpteur.wordpress.com/