Hervé TELEMAQUE

Hervé TELEMAQUE est né en 1937 à Port-au-Prince (Haïti), depuis 1961 il vit et travaille à Paris.

En 1957, il quitte Haïti pour New York et s’inscrit à l’Art Student’s League où il étudie avec Julian Levi, jusqu’en 1960. Durant son séjour aux États-Unis, il s’est simultanément nourri de l’expressionnisme abstrait et du surréalisme réinterprété par les artistes américains, notamment Arshile Gorky. Mais c’est dans les préceptes du Pop’Art qu’il trouve sa voie.

Il vient en France en 1961 et s’installe à Paris. Il y fréquente les Surréalistes, sans adhérer formellement au groupe.

Véritable artiste pop de 1963 à 1968, Hervé Télémaque influence toute une génération d’artistes que l’on regroupe sous le terme de Figuration Narrative.

L’artiste entend composer son propre vocabulaire plastique. Dans ses tableaux se retrouvent des objets usuels tels que les cannes blanches, les chaussures de tennis ou les tentes de camping.

Après une longue période où il pratique exclusivement le collage et l’assemblage, Hervé Télémaque revient au cours des années 80 à la peinture et au dessin.

«Dans le tableau comme dans la sculpture, il s’agit de rendre surprenants les choses ou les objets banals, d’ouvrir des possibilités de sens multiples à des icônes à l’origine univoques.»

Artiste de renommée internationale, Hervé Télémaque a bénéficié de nombreuses expositions et de grandes rétrospectives au Musée d’art Moderne de la Ville de Paris en 1976, à Johannesburg en 1997, à Valencia en 1998, à Tanley en 1999, au Centre Pompidou en 2015, au Musée Cantini à Marseille, à la Fondation Clément à la Martinique en 2016.

L’oeuvre d’Hervé Télémaque reste originale par ses racines historiques, son métissage, elle garde une relation étroite avec son île natale et la Caraïbe, ses origines haïtiennes jouent en effet un grand rôle dans son œuvre et témoignent des «lentes émergences du souvenir» Daniel Abadie).

«Caraïbe II» fait partie des œuvres en relief créée à partir des annes 90, période où Hervé Télémaque continue ses recherches et réalise des dessins au fusain et d’étonnants bas reliefs où la scie-sauteuse remplace le crayon.

Marqué sans doute par le souvenir du Vaudou, l’artiste pratique sa propre magie, mélangeant du marc de café aux pigments de couleurs pour leur donner une lourdeur sensuelle.- (Extraits de la notice biographique de l’artiste)

«L’objet (…) en 1993-1994 (…) est peut-être le sommet de mon travail, épiphanie en quelque sorte de la forme… la forme avec l’objet prend toute sa force. C’est une montée de joie quand elle arrive à sa plénitude» (entretien avec Josette Rasle)

La sculpture murale, exposée est «un paysage antillais dans une étagère composé de petites montagnes, d’un drapeau blanc et noir et de voiles».

Cet assemblage de bois de récupération comporte des parties colorées peintes d’un mélange de couleur et de marc de café et d’éléments noir et blanc peints avec du goudron et de la peinture acrylique.

Selon Yves Michaud «Avec les reliefs, il y a le souvenir de l’île natale, le paysage des mornes. Tous ces reliefs sont faits de découpes de contreplaqué ajusté par des vis, de la colle et des serre- joints. Les reliefs ont une parenté avec les reliefs de Schwitters ou des constructivistes en ce sens qu’ ils sont construits sans aucune improvisation ni effets de trouvaille du hasard ou des finalités allégoriques. La taille des reliefs a ceci de surprenant que ni grand ni petit ils semblent sans échelle telles des images mentales qui tente de reconstruire avec exactitude un souvenir familier.»

Hervé TELEMAQUE, Caraibe II
Caraibe II , 1993, goudron, marc de café, huile et acrylique sur bois, 100X190X28cm